Bienvenue au bulletin Le monde de l'expertise médicale.

Des données novatrices et utiles sur le monde canadien des évaluations médicales indépendantes et d'autres services liés à la santé. Vos commentaires et vos suggestions de sujets sont les bienvenus.


Partie 2 : Traiter ce qu’on ne peut voir : Prise en charge des symptômes neurologiques, psychologiques et physiques chez les patients atteints d’un traumatisme crânien léger


Les traumatismes crâniens légers (TCL) sont parmi les plus frustrants du point de vue du traitement, tant pour les patients que pour les professionnels de la santé. En termes simples, une seule thérapie physiologique est recommandée (après les interventions immédiates associées à un traumatisme crânien concomitant à un TCL) : le repos1.

Ce terme peut être lourd à porter pour les patients atteints du syndrome post-commotionnel, parce qu’il implique d’éviter toute une série d’activités connues pour déclencher les symptômes de TCL pendant une période de temps qui est unique à chaque individu, le temps de se rétablir de ces symptômes (souvent entre 48 heures et 3 mois2, mais dans certains cas au-delà de 6 mois3). Bien que l’alitement soit une composante principale de ce traitement, les personnes en convalescence doivent également éviter les lumières vives, les sons forts, les situations de foule et l’activité physique qui peuvent augmenter la fréquence cardiaque ou courir le risque d’être exposées à un deuxième impact à la tête4. Par extension, cela restreint souvent les privilèges de conduite ou de cyclisme des patients, réduisant ainsi leur mobilité.

Bien que le fait d’être confiné dans une pièce sombre et tranquille pour une durée indéterminée puisse être éprouvant pour n’importe qui, le fait que cet évitement des stimuli externes et de l’activité doit aussi être jumelé au repos cognitif est un autre facteur à considérer lorsque l’on élabore un programme de traitement pour les patients souffrant d’un traumatisme cérébral léger. Cela peut signifier éviter la lecture, la télévision, les écrans d’ordinateur et de téléphone intelligent, les jeux vidéo et la musique5. Il n’existe actuellement aucun traitement médicamenteux neurologique disponible pour aider à dissiper les symptômes de commotion cérébrale parallèlement à l’une ou l’autre de ces formes de repos3.

Après une période initiale de 48 heures, les patients peuvent être encouragés à revenir progressivement à l’engagement cognitif et à l’activité physique, sous réserve que le retour des symptômes post-commotionnels — qui peuvent apparaître des heures ou des jours après les activités en question — puisse exiger un soutien supplémentaire1. Une réévaluation par un professionnel de la santé de tout symptôme restant doit être effectuée toutes les 2 à 4 semaines jusqu’à ce que le rétablissement soit complété ou qu’un plan de gestion des symptômes à long terme ait été mis en place.

Les patients forcés de subir ce type de repos physique et cognitif forcé peuvent commencer à présenter des symptômes psychologiques associés à la dépression et à l’anxiété. Ceux-ci peuvent aussi découler de la durée incertaine de la période de récupération, des fréquents revers que l’on peut subir après avoir testé une période sans symptômes avec l’activité physique, et même des relations entre la famille et les amis qui, en l’absence de symptômes manifestes, peuvent être moins compréhensifs du besoin de repos et de l’abstention d’activité normale. Pour réduire ce type d’anxiété et de dépression, il est essentiel d’informer les patients, leurs amis et leur famille de leurs symptômes, des attentes entourant les périodes de rétablissement et des effets potentiels à long terme3.

Étant donné que les traumatismes crâniens légers peuvent également déclencher la dépression, ainsi qu’un certain nombre d’autres problèmes de comportement, il est également important que les patients reçoivent des évaluations et des conseils psychologiques au cours de leur rétablissement, et que des objectifs de rétablissement individualisés soient établis3. C’est particulièrement vrai pour les personnes qui font face à des symptômes à long terme qui peuvent ne jamais disparaître complètement et qui doivent éviter certaines activités à l’avenir en raison de leur lésion. Il est également crucial pour les professionnels de la santé qui dispensent ce type de soins de séparer les nouveaux symptômes des conditions neurologiques ou physiques antérieures afin d’assurer le traitement le plus efficace3.

  1. Schneider KJ, Leddy JJ, Guskiewicz KM, et al. Rest and treatment/rehabilitation following sport-related concussion : a systematic review. Br J Sports Med. 2017;51:930-934.
  2. Marshall S, Bayley M, McCullagh S, et al. Lignes directrices de pratique clinique pour les traumatismes crâniens légers et les symptômes persistants. Can Fam Physician. Mars 2012;58(3):257-267.
  3. Arciniegas D, Anderson C A, Topkoff J, et al. Mild traumaumatic brain injury : a neuropsychiatric approach to diagnosis, evaluation, and treatment. Neuropsychiatr Dis Treat. Décembre 2005;1(4):311-327.
  4. Clinique de Cleveland. Des commotions cérébrales : Gestion et traitement. https://my.clevelandclinic.org/health/diseases/15038-concussions/management-and-treatment (consulté le 8 mai 2018).
  5. Halstead ME, Walter KD. American Academy of Pediatrics Rapport clinique - commotion cérébrale liée au sport chez les enfants et les adolescents. Pédiatrie. Septembre 2010 126(3):597-615.
  6. Defense and Veterans Brain Injury Center . Mise à jour de la directive clinique mTBI.www.dvbic.org/pdfs/mTBI_recs_for_CONUS.pdf (consulté le 7 mai 2018).