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L’évaluation « psych » : psychologie, psychiatrie ou neuropsychologie? Comprendre les options d’évaluation de la santé mentale.


30 janvier 2016

Le fardeau des troubles de santé mentale a un impact significatif sur les coûts globaux des soins de santé et d’invalidité au Canada. Au cours d’une semaine donnée, 500 000 Canadiens sont incapables de travailler en raison de troubles mentaux et 355 000 sont en congé de maladie. Un Ontarien sur cinq souffre d’un trouble de santé mentale, y compris la dépendance dont la charge économique est évaluée à 40 milliards $. Ce qui est plus préoccupant, c’est que seulement une personne sur trois qui cherche de l’aide pour un problème de santé mentale reçoit effectivement cette aide.

Dans de nombreux scénarios d’invalidité et médico-légaux, traiter l’état de santé mentale d’un individu peut être un élément important pour déterminer les déficiences d’un individu, établir un pronostic et déterminer les exigences de traitement ultérieur. Nous rencontrons fréquemment des clients qui comprennent qu’une évaluation de la santé mentale est nécessaire, mais qui ne savent pas nécessairement à quel spécialiste il faut se référer : psychologue, psychiatre ou neuropsychologue? Les psychologues et les psychiatres sont des spécialistes très instruits et hautement qualifiés qui établissent des diagnostics et traitent les problèmes de santé mentale, qui travaillent souvent ensemble pour s’assurer que les personnes reçoivent les soins appropriés. Il y a, cependant, des distinctions très importantes entre les deux domaines liées à la nature de leur formation et du champ de leur pratique clinique actuelle au Canada. Un psychiatre est un médecin (MD) qui a complété une résidence de deuxième cycle en psychiatrie, alors qu’un psychologue doit, dans la plupart des provinces, avoir obtenu un diplôme de niveau doctorat (Ph. D. ou Psy. D.). Dans certaines provinces (p. ex. l’Ontario), il existe une catégorie supplémentaire d’associé en psychologie pour les cliniciens qui ont obtenu un grade de maîtrise.

Une des distinctions importantes qui résulte de ces différentes formations est qu’un psychiatre a le droit de prescrire des médicaments alors qu’au Canada, un psychologue n’a pas ce droit. Qu’est-ce que cela signifie pour vous? En termes généraux, si une personne a un problème de santé mentale nécessitant des médicaments sous ordonnance, un psychiatre est probablement le meilleur choix. Ce dernier pourra répondre directement au besoin de médicaments ou de recommandations précises pour changer la dose ou le type de médicament sélectionné selon l’évolution du cas. De plus, il y des sous-spécialités supplémentaires de psychiatrie comme la psychiatrie légale et la neuropsychiatrie qui requièrent une formation supplémentaire. De même, les psychologues peuvent suivre une formation supplémentaire en neuropsychologie, un champ axé sur l’évaluation et le traitement des patients atteints de troubles cognitifs résultant de nombreux problèmes comme des lésions cérébrales, la démence (p. ex., maladie d’Alzheimer) ou une maladie psychiatrique.

Une autre distinction essentielle entre les domaines de la psychologie et de la psychiatrie est l’approche adoptée dans la détermination d’un diagnostic. L’évaluation psychiatrique comprend un entretien clinique approfondi et un examen de l’état mental du client. Le but de cette évaluation est de déterminer si les données d’observation correspondent aux plaintes signalées en référence au Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (édition courante DSM-5). Des évaluations psychologiques ou neuropsychologiques comprendront aussi un entretien clinique approfondi et l’utilisation du DSM-5, bien qu’elles utilisent également un test psychométrique objectif normalisé et qu’elles comprennent un test de validité de la performance et des symptômes afin d’avoir une compréhension globale objective de l’étendue, de la gravité et de la validité des plaintes subjectives.

Par conséquent, si les capacités cognitives d’un individu sont en cause, comme cela peut être le cas après une importante commotion ou une lésion cérébrale traumatique ou d’autres troubles psychiatriques, une évaluation neuropsychologique peut être appropriée au cours de laquelle un test psychométrique objectif et un test de validité de la performance et des symptômes seront aussi effectués.